Les bonnes pratiques de l’enseignant

Nous serons certainement d’accord pour dire qu’il n’y a pas une seule bonne façon de transmettre ses connaissances et d’aider quelqu’un à progresser. Chacun a son style et sa personnalité.

Si j’ai bien sûr ma propre façon de travailler, il n’en demeure pas moins que j’ai pu constater au fil de mon parcours professionnel et de mes propres apprentissages de langues que certaines pratiques sont plus bénéfiques que d’autres.

Voici donc selon moi quelques attitudes positives de la part d’un enseignant / formateur en langues. Certaines peuvent s’appliquer à tout type de cours, d’autres uniquement aux cours en individuel. Je fais référence avant tout aux cours où l’on est amené à pratiquer la communication orale et non pas à des cours où l’on travaille plutôt l’écrit ou des aspects formels de la langue.

Les bonnes pratiques

 

  • call-15924_1920.jpgUtiliser la langue cible au maximum. S’il y a un problème de compréhension recourir à différentes stratégies pour se faire comprendre: répéter, ralentir, reformuler, utiliser des synonymes, des définitions, des descriptions, utiliser les gestes, l’expressivité, etc. tel qu’on le ferait dans une conversation authentique avec un étranger dont on ne connaîtrait pas la langue. Il est très positif pour l’estime de soi des apprenants qu’ils voient que même au niveau débutant ils sont capables de comprendre beaucoup sans recourir à leur langue maternelle ou a une langue tierce. Il convient cependant de rester ouvert à la traduction si l’apprenant en ressent le besoin, surtout si c’est lui qui y a recours. Ponctuellement ça peut permettre de gagner beaucoup de temps.

 

  • Noter le vocabulaire en contexte: quand on note des mots et expressions nouvelles il est utile de les écrire dans leur contexte et non pas de façon isolée. Noter une phrase ou proposition entière permettra à l’apprenant de retenir plus facilement le vocabulaire nouveau. Sinon on se retrouve en fin de séance avec tout un tas de mots éparpillés pour lesquels il est très difficile de retrouver le sens sans les rechercher un par un dans le dictionnaire. Il est aussi important de noter les déterminants qui accompagnent les noms, afin que les apprenants en retiennent leur genre et qu’ils les apprennent comme un tout, en particulier dans une langue comme le français où les noms communs sont rarement utilisés sans déterminants, contrairement à beaucoup d’autres langues.

 

  • headache-1007244_1280.pngNe pas corriger systématiquement toutes les erreurs au niveau débutant. Non seulement ce sera assez dévalorisant pour l’apprenant, mais en plus il sera submergé par les informations et risque la surcharge cognitive ce qui pourra rapidement le décourager. L’important pour lui à ce stade c’est surtout d’être compris. S’il voit que la communication passe il sera plus motivé, gagnera en confiance en lui et progressera donc davantage.

 

  • dominoes-1902622_1920.jpgNe pas interrompre pour corriger. C’est un point essentiel selon moi. Tout le monde sait qu’il est très désagréable d’être interromu quand on parle, pourquoi cela devrait-il être différent en cours de langue? Il existe différentes façon de corriger sans interrompre la conversation, j’en parlerai de façon détaillée dans un autre article. Si nous interrompons une personne qui s’efforce de parler la langue du mieux qu’elle peut, non seulement nous lui manquons de respect mais en plus nous lui donnons l’impression de ne pas vraiment nous intéresser à ce qu’elle dit et de ne donner de l’importance qu’à la forme. Elle risque aussi de perdre le fil de ses pensées ou bien de ne pas prêter vraiment attention à la correction et de ne pas la retenir.

 

  • Laisser du temps pour trouver ses mots: si l’apprenant n’a pas un niveau très avancé il peut avoir besoin de temps pour exprimer ses idées. C’est important de ne pas souffler systématiquement ses mots à notre interlocuteur lorsqu’on voit qu’il cherche. Il suffit souvent de quelques secondes supplémentaires pour qu’il les trouve de lui-même.

 

  • Établir une relation authentique. Certes, on fait appel à nous car on veut progresser. Mais, même si on n’utilise pas toujours des supports pédagogiques tirés du réel, cela n’enlève rien au fait que l’échange entre nous doive être authentique. Je m’intéresse avant tout à ce que me dit mon interlocuteur. Généralement les gens aiment parler d’eux et nous connaître davantage.

 

  • thumb-422147_1920.jpgAccepter les erreurs et rester positif. Il est toujours plus profitable de dire ce qui va plutôt que de pointer systématiquement ce qui ne va pas. On trouvera toujours quelque chose de positif à dire. Les erreurs font partie du processus d’apprentissage. D’ailleurs les observer nous en apprend souvent beaucoup sur l’apprenant et est très utile pour nous permettre de savoir ce qui n’est pas encore acquis, ainsi que de connaître les stratégies mises en place pour acquérir la langue. Les erreurs doivent être accueillies avec naturel et ne doivent en aucun cas être vues comme une pathologie ou un problème. Si elles nous dérangent, alors il vaut mieux changer de métier…

 

  • Ne pas dire plus que ce que l’on nous demande. Quand on en connaît un rayon sur un sujet, il est tentant de se laisser gagner par l’enthousiasme et de vouloir en faire profiter les autres. Mais voilà, si on va plus loin que ce que l’on nous demande on court deux risques: d’une part aborder un thème trop tôt, alors que l’apprenant n’est pas prêt, ce qui pourrait rapidement le dépasser et le décourager. D’autre part, le désintéresser complètement auquel cas il risque de décrocher. Vous savez, comme quand quelqu’un vous fait tout un discours sur un sujet qui le passionne mais pas vous! De toute façon votre discours partira vite aux oubliettes. On ne retient que ce qui nous intéresse à un moment précis.

 

  • chameleon-827517_1920.jpgSouplesse, adaptabilité et improvisation: même si on aime préparer notre cours avant afin de ne pas être pris de court et de proposer un séance attractive et cohérente, il faut aussi savoir faire face à l’imprévu. Parfois, on se rend compte que ce qu’on  avait planifié n’est pas reçu comme on l’espérait. Le sujet n’intéresse pas, ou on a visé un niveau trop avancé ou au contraire trop bas. Plutôt que de persister dans notre erreur il faut reconnaître les signes de désintérêt ou de difficulté et pouvoir rapidement proposer un plan B.

 

  • Tenir compte des besoins et des demandes des apprenants avant tout. Je ne donne jamais deux cours identiques. Même sur un même sujet et avec les mêmes supports on obtiendra des résultats très différents d’une personne à l’autre. Il faut aussi savoir répondre aux besoins de chacun plutôt que de suivre une progression rigide. Durant les premières séances je cherche toujours à connaître l’objectif de l’apprenant mais aussi ses goûts, ses préférences afin de proposer des sujets et des supports qui l’intéressent.  Je lui demande régulièrement s’il y a un sujet ou un point précis qu’il voudrait traiter la prochaine fois.

 

  • great-idea-1426607_1280Accueillir les initiatives et favoriser l’autonomie. Certains apprenants préfèrent préparer leurs propres activités pour la séance ou aborder un sujet qui les tient à cœur et j’accueille toujours cela avec satisfaction car l’autonomie dans l’apprentissage est un gage de réussite. D’ailleurs j’apprends moi aussi beaucoup de ce que les étudiants apportent. Nous devrions être contents de voir que la personne que nous accompagnons prend en charge son apprentissage.

 

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